Fiamma

La naissance d'un Trio de Polyphonies Corses ♫

Le groupe de polyphonies corses Fiamma composé de Sylvia Micaelli, Didier Cuenca et Joanna D'Amico à la chapelle de la Scala Santa à Monteserrato sur les hauteurs de Bastia... Ces trois membres du Trio FIAMMA animent des stages de polyphonies corses au sein de l'association L'Arcu Di sperenza

Quand le silence, induit par l'absence,

laisse place à la joie de chanter ensemble

Après le décès de ma mère, Jacky Micaelli, figure emblématique du chant corse, le 16 septembre 2017, j'ai cessé de chanter. Toutes les « voix » avec lesquelles j'avais l'habitude de chanter se sont dispersées, telles des abeilles au moment de l'essaimage.

 

Il m'aura fallu ce temps de silence, sans doute nécessaire à mon deuil, pour arriver à une importante prise de conscience. Je devais et je pouvais acter la promesse faite à ma mère quelques mois plus tôt : reprendre le flambeau !

 

C'est ainsi, qu'en juin 2018, l'association « L'Arcu di Sperenza » a vu le jour, avec à mes côtés Hélène Buti, la sœur de maman et Joanne D'Amico, une ancienne stagiaire de maman et amie.

 

Très rapidement, Joanne a trouvé sa place à mes côtés, en tant que Co-animatrice lors des stages de Polyphonies corses que nous organisons (Cf. article du blog : présentation de nos stages).

 

Lors de ces stages, l'accent est mis sur la pratique, l'expérience physique, spirituelle et émotionnelle du chant. La dimension théorique a une place très modeste dans notre pédagogie. Nous transmettons avec une méthodologie très similaire à celle que nous avons reçue de Jacky Micaelli. Nous avons eu à cœur d'imprimer notre touche personnelle en ce qui concerne les relations humaines et la gestion de groupe.

 

Cette activité de transmission de la polyphonie corse est enrichissante et je l'exerce avec cœur, néanmoins, vint le moment où j'ai réalisé qu'il me manquait un espace supplémentaire pour mon épanouissement, en tant que « chanteuse de polyphonies corses ».

 

Un jour, mon cousin Didier Cuenca, m’annonça, lors d’un échange téléphonique, qu’il venait de quitter son groupe de musique. Je lui ai proposé que nous chantions ensemble, tant, à ce moment-là, mon besoin de chanter était devenu vital.  

Mais, il y eut le « confinement » … 

 

A la fin du confinement notre besoin de nous rencontrer pour mêler nos voix et nos cœurs s’est fait plus pressant. Nous nous sommes donné rendez-vous à la chapelle « A Scala Santa » sur les hauteurs de Bastia, à Monserrato.  Nous n’avions jamais chanté ensemble auparavant.

Nous avons commencé nos « répétitions » dans l’église en chantant des chants interprétés par Jacky Micaelli, Jean-Etienne et Marie-Langianni dans le CD « Fiamma » dans lequel Jean-Etienne était aussi l’arrangeur. Nous avions choisi ces chants car nous les trouvions mélodieux et parce qu’ils avaient du sens pour nous ; ces chants font vibrer notre âme.  

 

Très rapidement, lorsque des personnes venaient pour visiter la chapelle de la Scala Santa, elles étaient attirées par ces vibrations que la chapelle ne pouvait contenir. Nous fûmes surpris par leurs réactions et leurs retours : elles étaient touchées viscéralement, aux larmes pour certaines. 

Nous venions de comprendre que ce qui s’était révélé de notre expérience commune, à savoir : l’harmonie, la spiritualité et les émotions ressenties à travers le chant ne se limitaient pas au simple noyau que nous formions tous les deux ; les notions de « partage » et de « communion » prenaient, ici, tout leur sens.  

 

Pendant ce temps de travail (plaisir) commun, notre seule frustration était l’éloignement géographique de Joanne D'Amico, qui vivait sur le continent. Il nous manquait notre « cerise sur le gâteau ».

Depuis Joanne est revenue en Corse pour retrouver ses racines. 
 

Cela nous a encouragé à poursuivre notre « travail des chants » ensemble dont la finalité est le partage, la communion et le rayonnement.  

 

Ces chants que je connaissais depuis plusieurs années et que j’avais chanté avec ma mère auparavant, Didier les découvrait. Petit à petit, le projet d’intégrer Didier en tant que troisième animateur pour le « Stage de polyphonies corses » qui devait se dérouler au mois d’août, se dessinait. J’ai pensé qu’il serait un précieux soutien pour nous. 

 

Parallèlement, nous décidâmes de créer un Trio avec Joanne, réuni exceptionnellement, lors d’un « Concert en hommage à Jacky Micaelli » Ce Trio composé des trois animateurs devait intégrer le « concert de restitution du stage de polyphonies corses » qui a eu lieu en d’août 2020. 
 

L’expérience du stage d’août et du « Concert de restitution en hommage à Jacky Micaelli » nous a conforté dans notre désir de construire des projets, ensemble.  

Didier a accepté notre proposition pour être le troisième Co-animateur de nos futurs stages à venir. 

 

A l’issue de cette expérience, un nouveau projet est né avec Didier, Joanne et moi-même ; celui de créer notre groupe de Polyphonies Corses, le Trio FIAMMA . 

 

Ces projets ont éclos comme la nature au printemps lorsque la vie reprend.  

Telle la graine qui était restée sous la terre à mûrir tout l’hiver, je me suis élevée vers la Lumière tant mon envie de vivre était grande : une envie de vivre et de voir grandir, autour de moi, d’autres belles fleurs… 

 

Ce qui a inspiré le choix du nom de notre groupe : FIAMMA ? 

 

FIAMMA, ce fut d'abord le titre d'un cd, enregistré par Jacky Micaelli, Jean-Etienne et Marie Langianni, concrétisation de leur belle amitié.  

 

Aujourd'hui, nous reprenons, entre autres, les titres de ce cd qui ont un sens profond pour nous. C’est une forme de transition, de continuité tel un passage de flambeau, la transmission d’un maillon à un autre d’une chaine qui s’étend à l’infinie… 
 

FIAMMA c’est un peu de cette Lumière Sacrée dont la source est faite de ces petites flammes qui s’éveillent vers un but commun au service de la grande Œuvre.  

 

Maman disait, souvent, lorsque nous chantions ensemble : « Nous sommes ici pour servir L’Œuvre ! »  

 

A chacun d’en donner son propre sens. Tout ne peut pas s’expliquer .:

 

 

Depuis, Didier a fait le choix de mettre un terme à notre collaboration : ses nombreuses activités l'ont contraint à faire des choix, ce qui forcément implique des renoncements

Le groupe FIAMMA se reconstituera avec une autre voix de basse.

L’impermanence des choses et des êtres fait partie de la vie et nous ne pouvons que l’accepter.

Nous gardons ce projet au fond de notre cœur et ne manquerons pas de vous informer de sa renaissance le moment venu. 

                                             Sylvia Micaelli